RESUMES / ABSTRACTS

HIV/AIDS Perception and Terminologies for its Communication in Akan  <Lien vers 915>
Prof. Kofi Agyekum
Department of Linguistics, University of Ghana
 
The HIV pandemic has become one of the chronic diseases and hence joined the number of taboo items in the Akan language. Among the Akan, various diseases like epilepsy, leprosy, insanity, impotence and infertility are considered as taboos. They are therefore talked about using euphemisms to avoid their direct reference.  Since we still have to talk about HIV/AIDS especially on Akan Radio and TV talk-shows to bring its awareness, there has been the urgent need to find terms for it so as to ease communication. Most of these terms are derived from the Akan perception of the sickness as being dreadful spiritual and economic hazard.
The terms were collected from phone-in talk shows and Akan News especially on Radio.  I gathered most of them from interaction with callers of the popular Afisεm Programme on Radio Univers at Legon where I have been the host for the past 13 years. I took some of the terms from Peace FM Akan News and also health Programme entitled. Wo Haw Ne Sεn? Most of the terms are compounds.
Key Words:  terminology, metaphor, compounding, perception, spiritual disease

Feeling and naming HIV/AIDS as a communication tool
<Lien vers 913>
Kibibi M. AMRAN
Kenyatta University (Kenya) & Université de Lausanne (Switzerland)
Kenya is a country that is characterized by multilingualism with English and Kiswahili as the official languages. Kiswahili is also the national language. These two languages are spoken by many Kenyans alongside their first languages which are quite a number because Kenya has at least 42 known ethnic groups. When we speak of multilingualism in HIV/AIDS communication in such a country, we should therefore, also consider ethnic, cultural and religious diversity. All these three will cause convergences and divergences in the communication tools - linguistic and others, even within the same ethnic groups. For example, in a given social group, ethnic taboos could be merged or replaced with religious ones. Of course, this would call for certain communication tactics which might not be necessary or applicable elsewhere.
Multilingualism can be both a tool and a barrier. In Kenya, multilingualism serves as a tool for the HIV/AIDS campaigns though we cannot rule out cases where it could be a communication barrier.  It is quite common to see Information, Education and Communication (IEC) materials written in the first language of a given area, used alongside with others in English, Kiswahili and Sheng in order to reach the diverse social groups in the community. In fact, as is the case in other sub-Saharan African countries, in Kenya, as far as HIV/AIDS communication is concerned, the problem does not really lie in the lack of understanding of the message as several studies have shown over the years but on the sustainable behavioral change. According to the African Medical and Research Foundation (2010)Demographic and Health Surveys and AIDS Indicator Surveysdone in sub-Saharan Africa show that over the last ten years, the knowledge level in HIV/AIDs transmission and prevention is very high (80%) but there is a knowledge-behaviour gap.
Bearing this in mind and considering the fact that to date there has been not less than two decades of HIV/AIDS campaigns in Kenya, how is HIV/AIDS perceived? What feelings does it evoke amongst a group of youth whose level of education presupposes a high level of knowledge of HIV/AIDS? We hope that our paper which is based on an ongoing PhD thesis on the representations of the terminology used in HIV/AIDS communication in Kenya will shed some light into this. We shall present partial results of the study which are based on two of the questions we asked during data collection. One of them is about the feelings evoked by HIV/AIDS and the other question is on the names given to HIV/AIDS.  These feelings and names can give us an insight into understanding an important target group of the HIV/AIDS transmission and prevention messages, which is, in this case, the youth. This can facilitate HIV/AIDS communication amongst the youth and those who share some sociolinguistic values with them.

Le facteur de la langue dans la lutte contre le VIH SIDA
Ndoungou SallaBA
Secrétaire Exécutive Nationale de la Lutte contre le VIH/SIDA, Nouakchott (Mauritanie)

Le VIH /SIDA est un fléau qui continue de défier l’humanité sans distinction culturelle ou linguistique. A l’échelle du rapport médecin-patient, la barrière de la langue peut constituer un  obstacle à l’efficacité de la prise en charge. Etant entendu que cette prise en charge prend en compte le volet médical et psychosocial. Les barrières linguistiques ont été associées à l’augmentation des risques d’hospitalisation et aux différences de prescription. Les barrières linguistiques peuvent aussi contribuer au non-respect de la confidentialité ou de l'obtention d'un consentement éclairé. La maitrise de la langue  de communication constitue un élément essentiel et majeur dans la compréhension  de la maladie et le respect du traitement par le patient.
Il est essentiel de développer des moyens de traitement et  de prévention du VIH/SIDA, en tenant compte du contexte culturel, local et linguistique.
A l’échelle des programmes de prévention et de lutte contre le VIH /SIDA, la diffusion d’un message bien élaboré dans une langue officielle, par exemple en français, à une population rurale par le biais d’un traducteur peut créer des ambigüités inattendues tant sur le plan des contenus que sur celui de leurs implications sociales. D’où l’importance de l’utilisation attentive et délicate des termes dans les différentes langues des interlocuteurs.
En Mauritanie, les outils de communication ne sont pas généralement élaborés dans toutes les langues nationales. Ce qui apporte une difficulté dans la mise en œuvre de la stratégie de lutte qui met l’emphase sur les groupes à haut risque.

Communication VIH/sida : un point de vue de linguiste
<Liens vers 901a,  901b>
Thomas BEARTH
Université de Zurich
La notion du syndrome de changement global marque, avec celle des durabilités, une des grandes avancées de la pensée scientifique transdisciplinaire. Cette même notion nous offre, au travers de cet atelier, un cadre de réflexion approprié pour poser la question des langues et de leur rôle dans la communication sur la santé – l’être humain dans ses dimensions physiques et socio-physio-psychiques et sous tous les aspects d’interdépendance de celles-ci avec son environnement naturel, social et technologique – et pour réfléchir sans dogmatisme, avec le réalisme que suggère le concept de l’atténuation associé à celui de syndrome, aux situations multilingues et leur incidence sur ce volet de la communication diagnostique et thérapeutique. À l’ère de la mobilité, des migrations et des exodes ruraux, ce type de situations est devenu la norme plutôt que l’exception, norme nullement limitée à l’Afrique. Complexité linguistique à plusieurs niveaux (deux ou parfois trois puzzles superposés) : aux multilinguismes africains millénaires s’est superposé le multilinguisme plus récent issu du double héritage linguistique, africain et européen. Aussi irréversible que l’histoire dont il est issu, le biais indéracinable en faveur de ce dernier n’exclut nullement, mais au contraire réclame des stratégies de mitigation pour atténuer le syndrome d’exclusion linguistique des populations souvent majoritaires qui en sont les laissés-pour-compte, et pour déjouer les effets néfastes dus à leur cloisonnement dans un statut permanent de handicapés de la parole et donc dans la dépendance communicationnelle, une facette de la pauvreté souvent méconnue, dont elle est à la fois cause et conséquence.
La réhabilitation des langues africaines dans leur rôle d’outils de négociation et d’envergure thématique de plein droit est invariablement, dans les cas que nous connaissons, perçue par les locutrices et locuteurs comme une sorte de déstigmatisation sociale, de « empowerment » collectif. Ensemble avec la notion de la dépendance communicationnelle, dont elle représente le pôle opposé, la durabilité communicationnelle (Bearth 2000) ouvre un axe d’analyse qui s’ajouterait comme quatrième feuille au trèfle des durabilités. Sans toutefois se limiter aux langues africaines : le déblocage du pouvoir énonciatif des ressources linguistiques se valorise à terme sur l’ensemble de ces dernières quel que soit leur nom et leur statut. En récupérant, à contrecourant des divergences linguistiques, l’équilibre d’égalité des droits à la parole, on passe ainsi, du point de vue d’une économie de l’information (Stiglitz 2001), d’un état de perte permanente dû aux circuits non fermés ou trop fermés de part et d’autre de la brisure, à un état de gagnant-gagnant. À cette condition près, le fléau que constitue le sida cessera d’être l’impasse absolue vers laquelle il semble conduire inexorablement l’individu tout comme la société. Il assumera, comme par hasard, le rôle catalyseur d’un facteur de guérison d’un mal tout autre, mais dans une perspective holistique de la santé, nullement marginal.

A linguist’s view on HIV/AIDS: communicative sustainability
<Liens vers 902>
Thomas Bearth
University of Zurich
Communicative sustainability (CS) re-centers the notion of sustainability on the group/community’s capacity, in any field of activity including health, to acquire, negotiate and enact relevant knowledge on its own. CS can be specified as follows:

  1. The introverted face of CS (CS-1) may be described as a community’s ability, drawing on its own conceptual, notional and ideological resources, to restitute a message originating from an external source, to reconstruct its content in accordance with its original aim and purpose, and to apply it in such a way as to make sense of it in their current situation (Bearth 2000, 2008, in press).
  2. The extroverted face of CS (CS-2) is determined by the degree of access to and control over communicative resources needed for negotiating objectives with mainly external agencies (partners, administrators, competitors, etc.); it includes capacities of self-organization, argumentation, counter-argumentation, and persuasion to bear on issues related to these goals, to the exclusion of physical violence and other forms of coercion as primary means for attaining them.
  3. The procedural face of CS (CS-3) reflects on properties of communicative processes enabling (1) and (2): the adjustment of the message to the audience (audience design), the joint elaboration of its purpose, and the modalities of its transmission. CS also has in its scope strategies of dealing with unequal distribution of control over communicative resources and processes relevant to the purpose of the transmission from the standpoint of the community. It denotes the tradeoff between these and various other factors coming into play in making a message sustainable, i.e. auto-reproducible by members of the community to which it was originally addressed. Among factors contributing to CS, adaptation of the medium to the audience (choice of language, face work, modes of encoding, face-to-face vs. media) is paramount.
  4. The opposite of CS is communicative dependency (CD), reinforced by poverty and in general by discontinuities of agency as they typically occur in situation of armed conflict, but also occur simply as a consequence of inequality of access to knowledge or communicative resources, including languages. Thus, CD is counterproductive, not just on the scale of CD-CS itself, but mainly because it weakens the potential for coherent group action, and ultimately as a permanent threat to local economies. Recognizing CD and enhancing CS, through stabilizing knowledge via terminologies in each language and developing language-sensitive strategies of sensitivization through local analysis, e.g., is particularly urgent in the VIH/SIDA context, as it is tantamount to enabling communities to deal with it as part of their community agenda.

Tusidanganyane – ‘Let’s face it!’ – Knowledge Production and HIV-Prevention in Nairobi (Kenya) <Lien vers 904b>
Rose Marie Beck
Universität Leipzig (Germany)

HIV prevention in Africa – in fact, any prevention – is difficult to evaluate. Approaching prevention from the point of view of sociology of knowledge the paper focuses local dynamics of knowledge production through ethnographic conversation analysis. This approach allows toreconstruct the rejection of known prevention messages by disadvantaged youth as formulated in the course of a prevention game in Nairobi in November 2007. They make use of a particular verbal routine: a speaker interrupts his talk on the penultimate syllable of a phrase with an exaggerated accent and thus initiates its repair which the participants accomplish in unison. They thus present their point of view not only as Common Ground, but establish it as Common Knowledge which transcends the specific situation. The conversation takes place in the context of a specific didactic methodology which entails that the facilitator does not valuate but ‘mirrors’ what the youth say. This is a central aspect of the Join-in-Circuit that was developed by the German Federal Centre for Health Education (BZgA) in the 1980s. Contrary to German verbal culture the Kenyan speakers have no communicative resources for non-valuative verbal behaviour and thus cannot take recourse to respective shared routines. Instead, the routinized repair-mechanism draws the facilitator into taking part in it. This consequently leads to her agreeing with the point of view of the youth, i.e. the rejection of abstinence from sex. As can be reconstructed from the data, the youths are aware that their (re)production of knowledge is more powerful than that of the facilitator whom they see as a representative of official Kenya.

 

Participatory Terminology: Building Domain-Specific Term Sets as a Collaborative Community Process <Lien vers 916>
Martin BENJAMIN
Executive Director, Kamusi Project International

This presentation will examine the tools and processes under development by the Kamusi Project for building terminology sets for African languages, with a particular focus on applications for the HIV/AIDS domain. The Kamusi Project (kamusi.org) is an international NGO that is creating free and open source learning and reference resources for African languages, with the long-range ambition of documenting "every word in Africa."  In addition to a fully interlinked multilingual dictionary called PALDO (Pan-African Living Dictionary Online), the Kamusi Project seeks to work with practitioners in scientific and humanitarian domains to develop terminology sets for technical communication in numerous languages of Africa.
The first terminology experience of the Kamusi Project was a project for the African Network for Localization (ANLoc) to produce an Information and Communications Technology (ICT) lexicon for 10 African languages.  The project produced an innovative tool for multilingual terminology development, called Glossmaster, that made it possible for teams in several different African countries to work in parallel.  ICT terms were identified in English as a source language, and also defined in English.  The language/subject experts then used Glossmaster to produce terms - and, importantly, definitions - in several major regional languages.  However, the project revealed major weaknesses in the traditional approach to terminology development, in which experts declare new terms that are intended to become standard within a language.  Such an approach does not ensure that the proposed terms will be accepted by the language community, nor does it draw upon community knowledge to improve the quality of the terms under consideration. The Kamusi Project therefore conducted an experiment called "Maneno Magumu" (Swahili for "Difficult Words") that invited the community to review problematic terms in the Swahili ICT glossary.  Based on this experience, the Glossmaster software is being revised to incorporate a full range of techniques for community participation in terminology development for additional domains.
With the tools and processes created by the Kamusi Project, synchronous terminology development for HIV/AIDS communication can occur for an unlimited number of African languages.  Key terms from the source languages used by international organizations, particularly English and French, can be identified, defined, and distributed to local teams for work in their languages. At the same time, groups can identify locally-relevant terms and concepts, define them in their languages and in bridging languages, and then have those terms become part of the dataset for teams working in other parts of Africa.  In all cases, the tools for community input and validation will improve the quality and uptake of the resulting lexicons.  In this way, a multilingual, transnational terminological dataset can be produced for improved HIV/AIDS communications across Africa.
What appropriate communication for supporting the community efforts to address HIV/AIDS in underprivileged areas
in Côte d’Ivoire?
<Liens vers 907a, 907b>
Nicolas Betsi1 & Guéladio Cissé2
1 Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d’Ivoire
2 Swiss Tropical and Public Health Institute
HIV/AIDS is affecting all aspects of the most vulnerable urban communities’ life: health status, socio-economic conditions, and access to natural resources. The efforts to face these challenges must not come only from the government. The communities themselves need to take initiatives. In a context of multiple languages and ethnic groups composing the communities, the participatory methods to use for involving them for action are dependent on appropriate approaches to communication. We used the Autodidactic Learning for Sustainability (ALS) approach with the focus on the problem of HIV/AIDS. A central activity consisting of a participatory workshop was held with the stakeholders (considering gender dimensions) in two cases: a slum in Abidjan (Yamoussoukro) and a village in Bouaké (Olienou). How the messages are understood by the diversified groups involved, depending on their ethnic groups and their traditional languages, was an interesting lesson among many others we want to highlight and bring to discussion.
These experiences show particularly that around a major problem such as HIV/AIDS, through an appropriate approach to communication, the cultural and linguistic differences do not constitute an obstacle for communities to engage in united actions for their own endogenous sustainable development.

Représentation, mode de gestion et stratégies de lutte contre la Tuberculose & le VIH/ SIDA en Afrique d’Ouest
<Liens vers 906a, 906b, 906c>
Bassirou Bonfoh
Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d’Ivoire, bassirou.bonfoh@csrs.ci
NCCR North-South: Joint Area of Case Study West Africa http://www.north-south.unibe.ch/
Le VIH/SIDA et la tuberculose suscitent encore beaucoup d’émotions et de comportements irrationnels du fait de la nature et de la qualité de l’information véhiculée.
Le NCCR North South a abordé en Afrique de l’ouest, les questions de ces maladies à travers les approches inter- et transdisciplinaire afin d’apporter un éclairage et des éléments nouveaux dans la compréhension de la transmission et des stratégies d’atténuation du poids de ces maladies. Il ressort des études de cas en milieu urbain et rural que le renforcement de capacité du personnel médical, la promotion des activités économiques à l’endroit des jeunes et des femmes et enfin la prise en charge des dépenses annexes aux DOTS et aux ARV sont des alternatives crédibles de promotion de la santé. De nouvelles formes de communication sur la maladie qui prennent en compte les valeurs socioculturelles peuvent permettre de déconstruire le langage et les représentations sur ces maladies qui sont aujourd’hui de loin une fatalité du fait de l’avancée de la médecine.


La prévention du VIH/sida auprès des migrants subsahariens en Suisse: une collaboration entre sciences de la communication et sciences médicales <Lien vers 914>
Céline Bourquin &  Pascal Singy
Service de Psychiatrie de Liaison, DP-CHUV, Lausanne
Qu’ils traitent de santé somatique ou mentale, les discours médico-préventifs adressés à la population générale peinent souvent à atteindre les migrant‑e‑s. Une stratégie alternative courante consiste dès lors à déléguer une partie des activités de prévention à des acteurs communautaires individuels ou collectifs.
Une étude pluridisciplinaire (linguistique et médecine) a récemment investigué les représentations de migrant‑e‑s subsaharien‑ne‑s francophones vivant en Suisse romande concernant la communication préventive sur le VIH/sida. L’une des hypothèses de recherche admettait qu’une approche communautaire de la prévention serait perçue comme stigmatisante et qu’elle susciterait des craintes relatives à la confidentialité. Par ailleurs, cette même étude visait à dégager les représentations que les migrants développent à propos du vecteur – le langage verbal – par lequel sont transmis les messages préventifs.
On présentera un certain nombre de résultats qui témoignent du caractère problématique d’une approche communautaire de la prévention du VIH/sida, strictement réalisée dans les langues premières des groupes cibles.

 

Empowering indigenous African languages in HIV/AIDS communication <Lien vers 918>
Alick Kadango Bwanali
University of Malawi, Centre for Language Studies, Zomba (Malawi)

Successful response to the HIV and AIDS pandemic hinges on appropriate language and communication strategies that reinforce behavioural change. The choice of language(s) for communication, use of appropriate language, development and use of appropriate terminologies must, therefore, be considered in any HIV and AIDS education campaign strategies. Malawi, just like many countries in the Southern African region is multilingual with about fifteen (15) languages. Language policies in many of these countries favour the use of one or two languages in major domains such as education, health, agriculture including HIV and AIDS. Some studies in Malawi show that most HIV and AIDS information is available in English, a language only understood by about 15 percent of the population. The paper explores some of the challenges facing HIV and AIDS communication in the light of growing resistance to HIV and AIDS messages. These challenges include but are not limited to sidelining of minority languages in the HIV and AIDS education campaign, lack of proper terminologies in indigenous African languages, use of English terms in texts written in or translated into African languages, and the use of language that stigmatizes and discriminates against people living with HIV and AIDS. The paper shall also attempt to suggest possible solutions to these challenges.


La sensibilisation contre le VIH/sida en Afrique de l'Ouest.
 Aspects linguistiques et communicatifs
<Lien vers 905>
Martina DRESCHER
Université de Bayreuth
Dans le cadre de cette communication, on présentera un projet de recherche sur les aspects linguistiques et interactionnels de la sensibilisation contre le VIH/sida au Burkina Faso. Il s'agit d'une étude menée à Bayreuth depuis 2001, et ceci en étroite collaboration avec l'ONG Promaco et des chercheurs burkinabè. La base empirique est constituée d'enregistrements vidéo de cours de formation pour futurs pairs éducateurs. Nos données se composent donc d'interactions en classe destinées à former des multiplicateurs dans la lutte contre le VIH/sida.
Les analyses s'inscrivent dans l'approche théorique de l'analyse de discours et de l'analyse interactionnelle. Elles se situent à deux niveaux différents et poursuivent un double objectif: Premièrement, il s'agit de reconstituer les différents discours – au sens de Foucault – présents dans les interactions. Ici, on opposera notamment le discours biomédical, de portée globale, aux discours locaux. Une analyse détaillée des dispositifs énonciatifs permettra de faire des hypothèses quant à la légitimité de ces discours et aux structures de pouvoirs sous-jacentes. Deuxièmement, on s'intéressera aux interactions en classe en focalisant sur les différents aspects de la transmission et de l'appropriation des savoirs relatifs au VIH/sida. Partant de l'idée que la part du destinataire – ici les futurs pairs éducateurs – est aussi importante que celle du destinateur – le formateur qui assure l'enseignement –, on concevra le transfert de savoir non pas comme un processus unilatéral, mais comme une négociation qui implique tous les participants. A côté des techniques employées par le formateur et destinées à vulgariser le discours biomédical comme les métaphores, analogies, explications, etc., seront également explorées les traces de l'appropriation par les étudiants.
Finalement, il faut tenir compte aussi du fait que, dans un contexte plurilingue comme celui du Burkina Faso, l'asymétrie institutionnelle entre enseignant et étudiants, est doublée par une autre asymétrie, linguistico-communicative cette fois-ci, étant donné qu'il s'agit d'une situation de communication exolingue avec des locuteurs non-natifs disposant de compétences très variées en français, la langue de l'enseignement.

Limited-access participative lexicography – which way out?
<Lien vers 917b>
Mohomodou HOUSSOUBA
University of Basle (Switzerland)
Participative lexicography has proved its worth. It has made possible the coming together of linguists and language developers and competent speakers of languages (especially from crafts and trades) and the production of useful glossaries and lexicons. In some Sahelian languages, it has already produced a great amount of documents on different mediums. Under normal conditions, these materials make up a strong basis for raising the technical development of languages to a much higher level. However, access to these resources remains limited. This hampers the communication between the generations of researchers and developers who have worked on the same topics. In Mali, the recurrent debate over the lack of lexicographical resources in national resources illustrates the enduring disconnect, which paralyzes the modernization of topical terminologies developed in several languages. An overview of the existing documentation over human and animal diseases enables us to see the problem in its global context as well grasp the central issue. How could we take terminology outside of its usually rural framework, move ahead with the introduction of African languages into new spaces enabling access to new forms of knowledge, and accomplish the convergence between the different materials coexisting in parallel fields? The discussion raises the issue of the still limited access to Internet in Africa, with the rightful expectation of an exponential growth in the near future and the potential to pull together the pioneer efforts of the last decades as well as leading initiatives emerging at the moment – among which the African Localization Network (ANLoc). Above all, this is intended to confirm the role of lexicography as a strategic element at the forefront of any effort of language preservation and enrichment.   
Lexicographie participative à accessibilité limitée – quelle issue ? <Lien vers 917b>

Mohomodou HOUSSOUBA
Université de Bâle (Suisse)

La lexicographie participative a fait ses preuves. Elle a permis aux linguistiques et développeurs de rencontrer les locuteurs compétents des langues africaines (surtout des corps de métier) et de générer de précieux glossaires et lexiques. Dans certaines langues sahéliennes, elle a déjà produit une grande quantité de documents sur divers supports. Dans les conditions normales, ces matériaux constituent une base solide pour viser une étape plus avancée du développement technique des langues. Cependant, l’accès à ces ressources reste limité ; ce qui freine la communication entre les générations de chercheurs qui ont travaillé sur les mêmes sujets. Au Mali, le débat récurrent sur le manque de ressources lexicographiques en langues nationales illustre cette déconnexion persistante qui paralyse la modernisation des riches terminologies thématiques développées pour plusieurs langues. Un aperçu de la documentation existante sur les maladies humaines et animales nous permet de voir le problème dans son cadre global et de cerner l’enjeu central. Comment faire sortir la terminologie du cadre rural habituel, avancer sur l’introduction des langues africaines dans les nouveaux espaces d’accès aux nouvelles connaissances et réussir la convergence entre les différents modules qui se côtoient actuellement ?  L’intervention pose le problème de l’accessibilité à l’Internet encore limitée, mais dont on est en doit de prédire une croissance exponentielle dans un proche avenir et le potentiel pour la mise en réseau des efforts pionniers des dernières décennies et les initiatives de pointe en cours à présent – dont le Réseau africain de localisation (ANLoc). Avant tout, il s’agit de confirmer le rôle de la lexicographie comme élément stratégique de premier plan dans tout effort de préservation et d’enrichissement des langues africaines pour assumer un rôle essentiel dans les différentes sphères de la vie contemporaine. 

AIDS terminology in Kiswahili: the work of BAKITA and its significance for shaping AIDS prevention strategies in Tanzania <Lien vers 919>
Yared M. Kihore
University of Daressalam (Tanzania)

In 2004, the National Kiswahili Council (popularly known by its Kiswahili acronym BAKITA) published Volume No. 6 of Tafsiri Sanifu (Standard Translations). One set of the contents of this volume is 1301 terms of AIDS and related ailments. The terms were prepared in collaboration with participants from the former Institute of Kiswahili Research and the Department of Kiswahili (currently forming the Institute of Kiswahili Studies) of the University of Dar es Salaam, National Aids Control Programme (NACP) of the Ministry of Health and Muhimbili National Referral Hospital. This means involvement of Linguistic and Medical experts in Tanzania in the production of these terms. The terms are, however, translations of English language AIDS terminology. This study aims at surveying the significance of these translated terms in shaping AIDS prevention strategies in Tanzania.

 

TERMINOLOGY AND TRANSLATION CHALLENGES AFFECTING HIV/AIDS COMMUNICATION IN A MULTILINGUAL NATION
THE CASE OF UGANDA <Lien vers 920>
Sauda Namyalo
Institute of Languages, Makerere University, Kampala (Uganda)

Uganda government, developmental agencies, NGOs, Citizens’ organizations and individuals have come up with different HIV communication strategies for effective dissemination of HIV information, targeting the poor of the poorest illiterate Ugandan. These strategies have explored and embraced factors that hinder the effective dissemination of HIV information which include among others the literacy levels of average Ugandans, the gender question, culture, economic, political and social factors. However the question of developing a standardized HIV terminology in Ugandan indigenous languages, if understood, has been grossly neglected. This presentation, therefore, examines the challenges of translating HIV communication related messages into Ugandan languages and proposes a robust strategy that can be used to create acceptable standardized terminology for effective HIV/AIDS communication in a multilingual nation. I will further highlight how the complexity of Uganda’s language situation has affected HIV communication by relating language to gender and culture.

Équité et aspects socioculturels de la communication sur le VIH/sida
<Lien vers 908>
T. N’GUESSAN Sosthène1 & Guéladio CISSÉ2
1 Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d’Ivoire
2 Swiss Tropical and Public Health Institute

Réputé pays le plus touché par le VIH/Sida en Afrique de l’Ouest, malgré que la prévalence soit en baisse (3,7% en 2008), la Côte d’Ivoire a pris ces dernières années des mesures pionnières en matière de lutte contre la pandémie. Outre la création d’un Ministère chargé de la lutte contre le VIH/Sida, une stratégie nationale vigoureuse est en cours faisant, entre autres, la promotion de l’accès aux traitements. La dite stratégie ne peut réussir sans une stratégie pertinente de communication dans un pays comptant plus de 60 groupes ethniques. La communication et la langue sont des facteurs importants pour la réussite de tous les efforts et initiatives si l’on veut notamment renforcer l’équité dans l’accès aux soins à travers l’ensemble du pays. Dans le cadre de nos propres travaux de recherche sur l’équité, la méthode d’investigation s’est attachée à l’utilisation prudente et délicate des mots dans les différentes langues des interlocuteurs lors des différents entretiens. La communication autour de cette maladie laisse apparaître des perceptions et comportements différenciés selon les origines culturelles et linguistiques, qui jouent un rôle dans la discrimination à l’égard des personnes vivant avec le VIH/Sida.

Equity and socio-cultural aspects of HIV/AIDS communication
Known as the country most affected by HIV/AIDS in West Africa, although the prevalence is decreasing (3.7% in 2008), Côte d'Ivoire in recent years has taken pioneering steps in the fight against the pandemic. Besides setting up a Ministry for the fight against HIV/AIDS, a strong national strategy has been launched, among other things, promoting access to treatment. This strategy cannot succeed without an appropriate strategy for communication in a country with more than 60 ethnic groups. Communication and language are important factors for the success of all efforts and initiatives if we want to particularly enhance equity in access to care across the whole country. As part of our own research on equity, the method of investigation has focused on the cautious and sensitive uses of words in different languages by interlocutors during various interviews. Communication around this disease reveals that the perceptions and behaviours differ according to cultural and linguistic backgrounds, which also play a role in discrimination against people living with HIV/AIDS.

Multisectorialité et multidirectionnalité dans la lutte contre le  VIH-SIDA en Côte d’Ivoire <Lien vers 909>
Aby SANGARÉ
Institut de Linguistique Appliquée
Université de Cocody
Aujourd’hui, il ne fait plus de doute que le chemin de la victoire sur le VIH-SIDA passe par l’information et la communication. A ce sujet, le Ministre Christine Nebout Adjobi, chargée du Ministère de la Lutte contre le SIDA, disait lors de la cérémonie d'inauguration du Centre National de Documentation et d'Information sur le VIH-SIDA mercredi 15 septembre 2010 : « (…) comment pouvons-nous réduire, et la prévalence du VIH/SIDA, et le nombre de nouvelles infections dans notre pays, si le plus grand nombre de nos concitoyens n'ont pas accès à l'information juste et vraie (…)? »
Pourtant en Côte d’Ivoire, la sous-estimation des langues maternelles qui se manifeste par  l’usage quasi exclusif  du français et  la non prise en compte de la langue des signes  continue de peser négativement sur la multidirectionnalité de la lutte.

La communication: le nœud gordien
de la problématique du SIDA au pays toura
<Liens vers 910a, 910b>
Douo Geneviève SINGO1 & Thomas BEARTH 2
1 Université de Cocody, PASRES      2 Université de Zurich
Les obstacles à la sensibilisation
La sensibilisation au pays toura rencontre de nombreux obstacles dus en majeure partie aux barrières linguistiques que sont les tabous langagiers d'une part et la tendance au monolinguisme face à un multilinguisme ambiant d'autre part. Indépendamment de la problématique de l'accès aux informations pertinentes, la sensibilisation sur le SIDA en milieu toura se heurte aux interdits de la parole, toujours respectés, comme le confirme aussi le personnel médical en passe de reprendre certaines de ses activités interrompues pendant les années de guerre. Ces interdits limitent non seulement les échanges francs en présence de l'autre sexe, mais toute expression publique se référant à certains aspects essentiels de la sensibilisation.
Les dangers d'une sensibilisation incomplète
Le monde rural toura s'est informé sur le SIDA de façon informelle à travers des rumeurs qui se sont propagées de bouche à oreille. Dans ces conditions les populations ne sont ni informées, ni totalement ignorantes au sujet du SIDA. Il s'en suit que le savoir transmis de bouche à oreille n'est pas utile à ceux qui le reçoivent, car tout en se croyant protégés ils sont toujours exposés au risque d'une infection, et ce sans s'en douter. Ainsi, ils s'adonnent encore à des pratiques à haut risque comme la polygamie, le lévirat, l'excision et la scarification. Nous conclurons que le savoir incomplet constitue un risque élevé qui ne concerne pas seulement les comportements sexuels mais aussi, par exemple, certaines occupations de loisir des jeunes filles qui n’ont rien à voir avec la sexualité. C'est le cas de la scarification qui consiste à se noircir la gencive en incrustant de la poudre de caoutchouc carbonisé dans la peau de la gencive à l'aide d'un bouquet d'aiguille. (La gencive noire est considérée comme un signe extérieur de beauté.)
Stratégies en vue d’une sensibilisation plus complète
Pour une meilleure sensibilisation en milieu toura, il faudra contourner les conditions qui favorisent l'observation des tabous langagiers en procédant à la séparation des sexes lors des campagnes de sensibilisation. Une sensibilisation qui cible des groupes homogènes réduirait considérablement l'obstacle que constituent les tabous. Il est primordial d'associer les aînés (hommes et femmes) à la sensibilisation en les invitant à puiser dans leur savoir pour trouver des solutions au problème posé par les tabous. C'est aussi avec leur appui que les jeunes pourront refuser de se conformer à certaines pratiques traditionnelles à risque. 
Dans le cadre de notre thèse en cours qui s’intéresse à la tradition orale toura, nous examinons l'hypothèse selon laquelle ce sont les gardiens des tabous (les vieux, mais aussi les vieilles femmes) eux-mêmes qui détiennent le secret du contournement des interdits. Si l'hypothèse s'avère juste, cela serait une des clés pour une communication sans lacune en matière de VIH-SIDA.
Pour surmonter l’obstacle lié au multilinguisme ambiant, nous préconiserons le recours à une approche multi-média « touraisée ».

Foula, le chapeau de la noblesse : approches linguistiques et culturelles de la lutte contre le sida au Niger <Lien vers 912b>
Salamatou SOW
Université Abdou Moumouni, Niamey, Niger

Au Niger la lutte contre le sida a connu une grande évolution, d'une résistance religieuse farouche (destruction des panneaux), on est passé à une tolérance parfaite grâce à une communication basée sur des référents linguistiques et culturels forts, comme la famille,  associés à des moments forts (chants et danses de réjouissance, lutte traditionnelle).
Les associations, les artistes, les sportifs s’investiront particulièrement dans la lutte contre le sida à travers une communication préventive exceptionnelle.
Le Niger concevra sa marque de préservatif, foula, associé à l’image du chapeau de berger peul. Le mot foula, lui vient du songhay, il signifie « bonnet, couvre-chef »,  mais dans une extension de sens il signifie « chefferie, couronne ».
La lutte traditionnelle a été l’espace exceptionnel de promotion du préservatif foula. Le lutteur victorieux déclare en haoussa : Foula amini na ! « Foula, mon (fidéle) ami!»
Prévenir la maladie, se protéger contre la maladie revient à tenir à son statut, à protéger sa famille, à conserver sa santé, à rester noble et digne de porter un chapeau.
Nous tenterons de comprendre cette approche multilingue et multiculturelle de lutte préventive contre le sida au Niger.

 

Le sida en Algérie : entre tabous et religion <Lien vers 911>
Noura Tigziri
Faculté des Lettres et sciences humaines, Tizi-Ouzou (Algérie)

L’Algérie, pays où l’Islam est religion d’état (d’après la Constitution), a du mal à trouver les moyens adéquats pour informer, sensibiliser et prévenir des dangers du sida sans choquer les mentalités, casser les tabous et se mettre à dos les hommes de religion. Nous allons expliquer, dans notre intervention, quels  sont les moyens d’information et de prévention qu’utilisent des associations, des individus ou même, depuis un certain temps, des organismes d’état, pour informer les deux plus grandes franges de la population les plus vulnérables (les jeunes et les professionnels du sexe) et relever ce défi de limiter la propagation du VIH en Algérie.