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Le CSRS forme des journalistes sur la rage pour intensifier les actions de lutte contre la maladie

Dans le but de renforcer les moyens de lutte contre la rage, le Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d’Ivoire (CSRS) et ses partenaires se sont associés le soutien de la presse. C’est en ce sens que le jeudi 17 mai 2018, s’est tenu une formation sur la rage à l’endroit d’une dizaine de journalistes toutes tendances confondues. Cette formation a permis de fournir aux journalistes des informations justes mais aussi d’établir un pont entre eux et les chercheurs, de sorte à mieux coordonner les actions de lutte et atteindre l’objectif de l’élimination de la rage à l’horizon 2030.

La formation a été meublée de quatre parties : un brise-glace, une présentation sur la rage humaine, une autre sur la rage animale et des échanges. Conduit par le Prof Bassirou Bonfoh, Directeur Général du CSRS, le brise-glace a consisté à une présentation individuelle des participants à la formation et à surmonter les préjugés existants entre le monde de la recherche scientifique et celui de la presse.

 
Le Dr Mathilde Tétchi, chef de service du Centre antirabique de l’Institut national de l’hygiène publique (INHP) et Responsable volet rage Humaine dans le projet Rage-GAVI, a dans son exposé, défini la rage humaine comme « une maladie infectieuse d’origine animale transmise à l’homme par des mammifères à sang chaud » notamment le chien, qui constitue le réservoir principal du virus. Dr Tetchi a par ailleurs partagé des chiffres effrayants qui, invite à mettre tout en œuvre pour finir avec la rage pour de bon : « 59 000 cas de décès annuels dans le monde dont 18 en Côte d’Ivoire, un décès chaque 9 minutes, les enfants sont les plus vulnérables à plus de 40% ». Pour arriver à « inverser la tendance », Dr Tetchi a insisté sur les moyens de prévention que sont la vaccination des chiens, le lavage des plaies après morsure et le suivi médical. 

S’agissant de la rage humaine, le Dr Vessaly Kallo, Sous-Directeur à la Direction des Services Vétérinaires et Coordinateur national du projet Rage-GAVI, s’est appesanti sur la nécessité de déclarer auprès des services vétérinaires tous cas de suspicion ou de morsure de chien de sorte à mettre l’animal en observation. Cela permet de savoir si le chien est atteint ou non de rage et l’empêcher de contaminer des personnes. Pour ce qui est du contrôle de la rage, Dr Kallo a invité à l’assainissement de l’environnement par une meilleur gestion des déchets et à la vaccination des chiens.  Selon lui, la vaccination des chiens revêt d’un double intérêt : « le gain économique et la préservation des vies humaines car : pas de rage humaine sans rage canine ».

A la suite des présentations sur la rage humaine et canine, le Prof Bonfoh a conduit un exercice avec les journalistes. Il a consisté à recueillir leurs préoccupations sur la maladie ainsi que sur la meilleure façon de sensibiliser à la fois les communautés mais aussi les décideurs. « La rage est une maladie qui une fois contractée, donne la mort à 100%. C’est pourtant une maladie qui peut -être évitée parce qu’on sait ce qu’il faut faire. Mais aujourd’hui, notre plus grand problème se situe à deux niveaux : Qu’est ce qui fait que les gens qui ont les animaux ne les vaccinent pas ? Et pourquoi les décideurs ne s’engagent pas à éliminer cette maladie ? », s’est-il interrogé. Les journalistes ont proposé une série d’actions médiatiques pouvant favoriser la vaccination des chiens ; seul moyen efficace de vaincre la rage. 

A propos du projet Rage-GAVI

Le projet Rage-GAVI dont l’objectif est d’estimer l'impact de la rage canine sur la santé humaine en Côte d'Ivoire a duré deux ans (2015 – 2017) et a eu pour site pilote les villes de Bouaké et de San-Pédro. L’atelier de restitution s’est tenu le 18 mai 2018 au CSRS. Le Projet Rage-GAVI a été conduit par le CSRS avec ses partenaires nationaux tels que les autorités préfectorales, l’Institut National d’Hygiène Publique, la Direction des Services Vétérinaires, le Laboratoire National d’Appui au Développement Agricole, le Projet d’Amélioration de la Santé Animale et de l’Hygiène Publique Vétérinaire et les universités de Côte d’Ivoire. L’Institut Suisse de Santé Tropicale a été au plan international le principal partenaire du projet Rage-GAVI entièrement financé par la fondation GAVI avec le soutien de l’Organisation Internationale de l’Elevage et Glaxo Smith Kline.

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