Résumé

En Côte d'Ivoire, la production vivrière est assurée par une multitude de petites exploitations familiales pratiquant la polyculture et l'association des cultures. Leurs productions ne suffisent pas à assurer la sécurité alimentaire. En effet, en 2006 l'évaluation approfondie de la sécurité alimentaire conduite conjointement par le PAM et la FAO dans les 10 régions sur les 19 que compte le pays, indiquait que 566 500 personnes, soit 9 des ménages ruraux étaient en insécurité alimentaire et que 1 109 600 personnes, soit 20 des ménages ruraux couraient le risque de basculer dans l'insécurité alimentaire si un choc survenait. Ces statistiques montrent que la Côte d'Ivoire s'éloigne de l'objectif 1 (réduire l'extrême pauvreté et la faim) des Objectifs du millénaire pour le Développement (OMD). Pour pallier ce problème, l'IFPRI (2003) propose de passer par une revitalisation des petites exploitations agricoles en matière d'accès au crédit, des systèmes d'approvisionnement et de vente des produits.

Par ailleurs, la Côte d'Ivoire, en appliquant le problème du financement de l'agriculture, lançait son premier programme d'institutions de microfinance (IMF) en 1976, localise en zones rurales avec pour but de financer les activités rurales. En 1996, les IFMs couvrent tout le territoire national mais avec une répartition inégale et plus concentrée dans les zones urbaines. Mais de façon générale, l'accès aux services financiers demeure faible, seulement un ménage sur quatre en bénéficie (BCEAO, 2003, 2004). Malgré sa longue expérience dans le monde rural, on observe que la microfinance répond de manière limitée aux besoins spécifiques du financement de l'agriculture. En plus, en Afrique de l'Ouest, la part de crédit allouée à l'agriculture reste très centrée sur les zones agricoles sécurisées (zones de cultures de rente, filière intégrées, périmètres irrigués, etc ) au détriment des zones d'agriculture vivrière (Portail microfinance, 2008).

Dans le conteste de libéralisation, où aucune IFM n'est obligée de financer un domaine donnée, il se pose le problème d'une collaboration ou un partenariat qui tient compte des priorités des deux secteurs de la microfinance et de l'agriculture vivrière.

Notre étude a pour but de trouver le mécanisme de financement de l'agriculture vivrière qui puisse améliorer la sécurité alimentaire et assurer la pérennité des activités des IFM.

Concrètement, il s'agit de :

- Caractériser les prêteurs ruraux en présence. Cela consistera au regroupement de toutes les personnes ou structures qui prêtent aux ménages, selon la source, les conditions et les procédures de mobilisation de fonds prêtables ;

- Etudier le mode de financement actuel afin d'y relever les forces et opportunités d'une part et d'y identifier ses faiblesses et menaces d'autre part ;

- Déterminer et analyser les facteurs qui motivent ces exploitants agricoles à participer à un programme de crédit ;

- Identifier et analyser les facteurs qui sont à la base du rationnement du crédit aux producteurs de vivrier ;

Les sites d'étude seront les grandes zones de production des denrées alimentaires par les populations. Nous mettrons l'accent sur la production du manioc, de la banne plantain, de l'igname et du riz. Ainsi, les régions de Daloa et Bouaflé seront retenues.

Nous escomptons, à la fin de cette étude, que la typologie des prêteurs sera établie. Nous escomptons aussi que les facteurs motivant la demande de crédit soit connus. L'autre résultat attendu est qu'un ensemble de contrats, avec des termes différents permettant de séparer les bons emprunteurs des mauvais, est conçu. Ces résultats devraient concourir à l'élaboration d'un mécanisme de financement de l'agriculture vivrière en Côte d'Ivoire. La réalisation de ce projet contribuera ainsi à atteindre l'objectif 1 (réduire l'extrême pauvreté et la faim) des OMD.

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