Aller au contenu principal
Actualités

Méningite en Côte d'Ivoire : une urgence vitale sous estimée qui tue en 24 heures

À l'occasion de la Journée internationale de lutte contre la méningite célébré le 05 octobre de chaque année, le Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d'Ivoire (CSRS) a réuni chercheurs, praticiens et communicateurs. Objectif commun : évaluer les avancées et accélérer la riposte pour éliminer cette infection redoutable d'ici 2030.

Ouvrant les travaux après une matinée d'immersion pédagogique dédiée aux élèves, le Directeur Général du CSRS, le 𝗣𝗿𝗼𝗳𝗲𝘀𝘀𝗲𝘂𝗿 𝗝𝗲́𝗿𝗲́𝗺𝗶𝗲 𝗭𝗼𝘂𝗲𝘂 , a rappelé le sens de cet engagement continu : « 𝑪𝒆𝒍𝒂 𝒄𝒐𝒏𝒔𝒊𝒔𝒕𝒆 𝒂̀ 𝒓𝒆́𝒖𝒏𝒊𝒓 𝒕𝒐𝒖𝒔 𝒍𝒆𝒔 𝒂𝒄𝒕𝒆𝒖𝒓𝒔 𝒕𝒓𝒆̀𝒔 𝒅𝒊𝒗𝒆𝒓𝒔 𝒂̀ 𝒍𝒂 𝒇𝒐𝒊𝒔 𝒄𝒉𝒆𝒓𝒄𝒉𝒆𝒖𝒓𝒔, 𝒄𝒐𝒎𝒎𝒖𝒏𝒊𝒒𝒖𝒂𝒏𝒕𝒔, 𝒇𝒂𝒊̂𝒕𝒊𝒆̀𝒓𝒆𝒔 𝒅𝒆 𝒍𝒖𝒕𝒕𝒆 𝒄𝒐𝒏𝒕𝒓𝒆 𝒄𝒆𝒕𝒕𝒆 𝒎𝒂𝒍𝒂𝒅𝒊𝒆 𝒑𝒐𝒖𝒓 𝒑𝒐𝒖𝒗𝒐𝒊𝒓 𝒆́𝒗𝒂𝒍𝒖𝒆𝒓 𝒍𝒆𝒔 𝒑𝒓𝒐𝒈𝒓𝒆̀𝒔 𝒆𝒇𝒇𝒆𝒄𝒕𝒖𝒆́𝒔 𝒅𝒂𝒏𝒔 𝒄𝒆 𝒅𝒐𝒎𝒂𝒊𝒏𝒆 : 𝒅'𝒂𝒃𝒐𝒓𝒅 𝒂𝒖 𝒏𝒊𝒗𝒆𝒂𝒖 𝒅𝒖 𝒅𝒊𝒂𝒈𝒏𝒐𝒔𝒕𝒊𝒄, 𝒂𝒖 𝒏𝒊𝒗𝒆𝒂𝒖 𝒅𝒆 𝒍𝒂 𝒔𝒖𝒓𝒗𝒆𝒊𝒍𝒍𝒂𝒏𝒄𝒆 𝒆𝒕 𝒂𝒖 𝒏𝒊𝒗𝒆𝒂𝒖 𝒅𝒖 𝒕𝒓𝒂𝒊𝒕𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒂𝒗𝒆𝒄 𝒍'𝒐𝒃𝒋𝒆𝒄𝒕𝒊𝒇 𝒒𝒖𝒆 𝒄𝒆𝒕𝒕𝒆 𝒎𝒂𝒍𝒂𝒅𝒊𝒆 𝒔𝒐𝒊𝒕 𝒆́𝒓𝒂𝒅𝒊𝒒𝒖𝒆́𝒆 𝒂̀ 𝒍'𝒉𝒐𝒓𝒊𝒛𝒐𝒏 2030. »

𝗗𝗿 𝗞𝗮𝗻𝘆 𝗗𝗶𝗮𝗹𝗹𝗼 , responsable de l’équipe de recherche en épidémiologie moléculaire au CSRS rappelle la dangerosité extrême de l'infection bactérienne, qui impose un recours hospitalier immédiat : « 𝑳𝒆𝒔 𝒊𝒏𝒇𝒆𝒄𝒕𝒊𝒐𝒏𝒔 𝒃𝒂𝒄𝒕𝒆́𝒓𝒊𝒆𝒏𝒏𝒆𝒔, 𝒆𝒏 24 𝒉𝒆𝒖𝒓𝒆𝒔, 𝒐𝒏 𝒑𝒆𝒖𝒕 𝒎𝒐𝒖𝒓𝒊𝒓. 𝑬𝒕 𝒅𝒐𝒏𝒄 𝒄'𝒆𝒔𝒕 𝒗𝒓𝒂𝒊𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒖𝒏𝒆 𝒖𝒓𝒈𝒆𝒏𝒄𝒆 𝒎𝒆́𝒅𝒊𝒄𝒂𝒍𝒆, 𝒊𝒍 𝒇𝒂𝒖𝒕 𝒂𝒍𝒍𝒆𝒓 𝒂̀ 𝒍'𝒉𝒐̂𝒑𝒊𝒕𝒂𝒍. » Elle déconstruit au passage un préjugé géographique tenace selon lequel l'affection épargnerait le reste du pays : « 𝑪𝒆𝒕𝒕𝒆 𝒊𝒅𝒆́𝒆 𝒒𝒖𝒆 𝒍𝒂 𝒎𝒆́𝒏𝒊𝒏𝒈𝒊𝒕𝒆 𝒄'𝒆𝒔𝒕 𝒖𝒏 𝒑𝒓𝒐𝒃𝒍𝒆̀𝒎𝒆 𝒅𝒖 𝒏𝒐𝒓𝒅 𝒅𝒖 𝒑𝒂𝒚𝒔, 𝒋𝒆 𝒑𝒆𝒏𝒔𝒆 𝒒𝒖'𝒊𝒍 𝒇𝒂𝒖𝒕 𝒒𝒖'𝒐𝒏 𝒂𝒓𝒓𝒆̂𝒕𝒆 𝒅𝒆 𝒑𝒆𝒏𝒔𝒆𝒓 𝒄𝒐𝒎𝒎𝒆 𝒄̧𝒂. 𝑰𝒍 𝒚 𝒂 𝒍𝒂 𝒎𝒆́𝒏𝒊𝒏𝒈𝒊𝒕𝒆 𝒑𝒂𝒓𝒕𝒐𝒖𝒕 𝒅𝒂𝒏𝒔 𝒍𝒆 𝒄𝒆𝒏𝒕𝒓𝒆-𝒐𝒖𝒆𝒔𝒕. »

Alors que les premiers signes cliniques (forte fièvre, courbatures) imitent souvent ceux du paludisme, le diagnostic précoce relève du défi. Pour Dr Diallo, le premier réflexe doit venir du foyer familial : « Pour avoir un cas suspect, il faut que la personne soit conduite dans un centre de santé par sa famille. »

Le coût de l'attente est dramatique : 1 survivant sur 5 conserve des conséquences irréversibles (surdité, cécité, amputations ou difficultés d'apprentissage scolaire décelées plusieurs années après).

Constatant qu'aucun vaccin n'offre une couverture totale contre toutes les souches bactériennes, la chercheuse en appelle à la responsabilité collective : « Ce n'est pas l'information, c'est peut être la manière dont nous la présentons. 𝑳𝒆𝒔 𝒄𝒐𝒎𝒎𝒖𝒏𝒊𝒄𝒂𝒏𝒕𝒔, 𝒄'𝒆𝒔𝒕 𝒖𝒏 𝒑𝒍𝒂𝒊𝒅𝒐𝒚𝒆𝒓 𝒗𝒆𝒓𝒔 𝒗𝒐𝒖𝒔 : 𝒇𝒂𝒊𝒕𝒆𝒔 𝒑𝒂𝒔𝒔𝒆𝒓 𝒄𝒆𝒕𝒕𝒆 𝒊𝒏𝒇𝒐𝒓𝒎𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 ! » Devant une fièvre brutale avec des maux de tête chez un enfant, le premier réflexe reste encore trop souvent de penser au paludisme ou d'attendre.

Abdoul Sangaré/ Radio Santé CIV