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Atelier national sur le Ranking des Universités ivoiriennes : cap sur la visibilité et la compétitivité internationales

Grand-Bassam, 13 février 2026 – Du 11 au 13 février 2026, la ville de Grand-Bassam a abrité l’Atelier national sur le Ranking des Universités ivoiriennes, une initiative stratégique portée par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, avec l’appui du Fonds pour la Science, la Technologie et l’Innovation (FONSTI).

Durant trois jours, responsables universitaires, experts nationaux et internationaux, représentants d’institutions partenaires et autorités de tutelle ont engagé une réflexion approfondie sur le positionnement des universités publiques ivoiriennes dans les classements internationaux de référence.

Dans un contexte mondial marqué par une concurrence accrue entre systèmes d’enseignement supérieur, les classements universitaires tels que le Times Higher Education (THE), QS World University Rankings, le Academic Ranking of World Universities (classement de Shanghai) ou encore UniRank s’imposent désormais comme des instruments structurants de visibilité, d’attractivité et de crédibilité académique.

Ces classements influencent la mobilité des étudiants et des chercheurs, l’accès aux financements compétitifs, la qualité des partenariats internationaux et, plus largement, l’image scientifique des États. Les ignorer serait une erreur stratégique ; les maîtriser constitue aujourd’hui une nécessité nationale.

Malgré les réformes engagées et les investissements consentis ces dernières années, les universités ivoiriennes restent insuffisamment représentées dans ces palmarès. À ce jour, aucune institution nationale ne figure de manière significative dans les classements internationaux majeurs. Seul l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB) a intégré le Top 200 africain du classement UniRank entre 2021 et 2024, illustrant à la fois le potentiel existant et l’ampleur du chemin à parcourir.

Présidant personnellement la cérémonie d’ouverture, le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, le Professeur Adama Diawara, a souligné que « le ranking n’est pas une fin en soi, mais un levier de pilotage stratégique, d’amélioration continue de la qualité et de performance institutionnelle ».

Sa présence a constitué un signal fort de l’engagement du Gouvernement, en cohérence avec la vision du Président de la République, Alassane Ouattara, visant à bâtir une nation fondée sur une économie diversifiée, une jeunesse bien formée et un écosystème de recherche et d’innovation compétitif.

Le Ministre a insisté sur la nécessité de transformer les classements en outils de gouvernance et de redevabilité, et non en simples instruments de prestige.

L’atelier a réuni l’ensemble des universités publiques ivoiriennes, représentées au plus haut niveau, ainsi que des partenaires et institutions de référence, notamment le Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES).

Des universités africaines performantes ont également partagé leurs expériences, dont l’Université Cheikh Anta Diop (Sénégal) et l’Université Joseph Ki-Zerbo (Burkina Faso), offrant des retours d’expérience précieux sur les stratégies de visibilité scientifique, d’internationalisation et de gouvernance académique.

Les travaux ont été encadrés par un Comité de Pilotage présidé par le Professeur NINDJIN Aka Fulgence et un Comité Scientifique dirigé par le Professeur ZOUEU Jérémie, avec l’appui technique du FONSTI.

Les réflexions ont porté sur cinq axes majeurs :

  • la maîtrise des méthodologies et indicateurs des classements internationaux ;
  • l’apprentissage des bonnes pratiques africaines ;
  • le diagnostic stratégique des forces et faiblesses des universités ivoiriennes ;
  • la formulation de recommandations opérationnelles ;
  • la construction d’une stratégie nationale concertée.

Les participants ont notamment souligné que certains critères demeurent difficilement accessibles à court terme (prix Nobel, publications dans des revues comme Science ou Nature), mais que d’autres leviers sont immédiatement mobilisables : amélioration du ratio enseignants/étudiants, internationalisation du corps professoral, qualité des diplômes, production scientifique indexée, visibilité numérique et structuration des systèmes d’information académique.

À l’issue des travaux, plusieurs livrables majeurs ont été validés :

  • un rapport général intégrant communications et recommandations ;
  • une feuille de route nationale précisant objectifs, responsabilités et échéances ;
  • un plan d’actions triennal assorti d’un dispositif de suivi-évaluation ;
  • des recommandations stratégiques destinées aux autorités de tutelle et aux établissements.

Le temps de l’analyse, ont souligné les intervenants lors de la clôture, laisse désormais place au temps de l’action. La mise en place d’un mécanisme national de pilotage du ranking et d’un dispositif annuel d’évaluation des performances universitaires est envisagée afin d’assurer un suivi rigoureux des engagements pris.

L’ambition affichée est claire : positionner durablement, d’ici 2030, des universités ivoiriennes dans les classements régionaux et internationaux de référence, reflétant le potentiel scientifique réel du pays et renforçant son statut de pôle régional d’excellence académique.

Pour le FONSTI, partenaire clé de cette dynamique, l’amélioration du ranking constitue un levier structurant pour accroître la visibilité de la recherche ivoirienne, renforcer la qualité de la formation et consolider la souveraineté scientifique nationale.

À Grand-Bassam, un cap stratégique a été fixé. La réussite dépendra désormais de la constance dans l’effort, de la coordination nationale et de l’engagement collectif de l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche.


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